Voilà, enfin, j'ai reçu le résultat de ma demande de congé longue maladie, demande envoyée le 30 octobre 2007, courrier reçu hier! (= presque 6 mois...)
Le Comité Médical a émis l'avis suivant:
" - favorable à l'attribution d'un congé de longue maladie - article 1 - à compter du 22/09/2007 (sic!) jusqu'au 31/08/2008
- favorable à une reprise à temps partiel thérapeutique, 50% au 01/09/2008 pour 3 mois"
Les congés de maladie ordinaire qui vous ont été accordés à partir du 22/09/2007 ont donc été annulés. Placée ne congé de longue maladie, vous n'avez plus à produire d'avis d'arrêt de travail (enfin! par contre ils ne me disent pas quand ils me verseront l'autre moitié de mon salaire que je n'ai plus perçue depuis novembre...)
On me rappelle également que la durée maximale du CLM est de 3 ans . Pendant la première année, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement ( c'est les ous, hein, pas les piqûres!); celui-ci est diminué de moitié les deux années suivantes. Il vous restera 21 jours plein traitement et deux ans demi-traitement.
Je dois indiquer le plus vite possible mes jours où je souhaite exercer mes fonctions...à la rentrée.
(comme ça ne peut pas être des demies-journées, dommage, j'opterai, si c'est possible, pour les mardis et jeudis de classe, jours qui ne sont pas des lendemains de piqûres!)
Je dois faire mes demandes mi- septembre (ça ne fait pas long pour se rendre compte...) de prolongation mi temps thérapeutique ou réintégration temps complet (avec certificat médical succint)
On me rappelle aussi que le temps partiel thérapeutique ne peut excéder une annnée par affection ayant ouvert droit à congé longue maladie ou longue durée (ça, je l'ai lu plusieurs fois avant de vraiment comprendre...jargon quand tu nous tiens!)
Si je veux faire prolonger mon CLM, je dois leur adresser ma demande en accord avec mon médecin début juillet.
Bon disons que ça, je le range sous le coude, j'oublie d'y penser un peu (ça ne me fera pas de mal!) et je m'en préoccupe fin juin après mes examens de fac!
(je vous jure que je n'invente rien de ses propos, j'en ai oublié par contre, c'est sûr!)
- Parlons des postes adaptés. Comment voyez-vous les choses?
- Ben j'ai bien compris que c'est moi qui devais trouver mon projet et ce n'est pas facile...
- Je vais vous dire... Il fait des grands gestes de moulinets et met des guillemets à tout bout d'champ. Vous nous parlez de votre projet, mais, bien sûr ,le but est que ce soit bien pour vous, mais aussi pour l'administration... Enfin, je vous dis ça, vous savez, je ne reçois jamais personne en tête-à-tête, il y a toujours un témoin SAUF! SAUF..... sauf pour les postes adaptés... Parce que....je ne suis pas votre médecin MAIS c'est un peu comme...., je ne suis pas votre thérapeute MAIS....enfin, vous voyez, on est donc dans une sorte de relation d'intimité tous les deux..... intimité professionnelle...bien sûr!
- Ben j'ai ce projet d'études de psycho, mais c'est très dépendant de l'obtention du diplôme...j'avais pensé aussi instit supplémentaire dans quelques écoles ou RASED (réseau d'aides spécialisées)....
- Instit supplémentaire? J'ai eu une réunion avec le ministre, moui, il nous parlait de ça, mais, on en a un à Trifouillis-les-Oies, et pffffffff on ne peut pas dire que ça serve à quelque chose, on n'a pas de mesure pour dire si ça marche...
RASED, c'est non, de toutes manières ce n'est pas un métier d'avenir, ça va disparaître (?) et si les interventions du RASED aidaient les enfants et avaient des résultats, ça se saurait, non?
Forcément j'essaie de dire quelque chose à ce propos mais en vain....
- Bon, psychologue, ce n'est pas pareil, là on en a besoin, oui, vraiment, c'est utile un psychologue....
- Mais en quoi c'est un poste adapté?
- Eh bien on peut vous payer 3 ans pour mener à bien vos études mais on ne peut rien faire après sur la sélection ou non pour le stage de formation interne...Vous savez, j'ai la carte scolaire à faire en ce moment, si je fais cette rentrée-là, il faudra me dire merci! On se rendra compte quand je serai parti que j'ai fait avancer des milliers de dossiers. Attention, hein, je vous dis ça en toute modestie et en toute humilité bien sûr.....
Sur ce, il me rassure en me disant qu'on trouvera forcément quelque chose, il semble avoir compris qu'en effet je ne pouvais plus avoir une classe à l'année en responsabilité........
bon on verra, ils ont une première réunion sur ces demandes de postes adaptés lundi prochain à l'inspection...
On en était restés à ma présentation et à sa chemise:
Je continue donc ma présentation spécifiant que j'avais demandé un congé longue maladie mais je n'en avais pas encore la réponse car la commission avait eu lieu pendant les vacances.
Tout content delui, avec un petit sourire en coin:
- Ah, je vais regarder...
Quart de tour rapide du fauteuil de direction, direction le portable...clic, clic, clic!
- Ah non vous n'y êtes pas!
Et voilà, ça continue!
- Euh comment ça, pourtant l'expert en janvier m'avait dit que ce serait trop juste pour la commission de janvier, j'en avais déduit février...
Je commence à me sentir un peu mal.
- Ne bougez pas, je vais appeler, on saura avant que vous partiez, je vous le promets.
Il se saisit du téléphone mais ne connait pas le numéro. Il ouvre des tiroirs, cherche, appelle quelqu'un qui ne répond pas. Ah ça a l'air de le motiver fort cette quête...
- Il n'y a personne dans cette maison? Ah, oui, bonjour, je voudrais savoir si le dossier CLM de La Fourmi est passé en commission? Hein, quoi? Non.... public! Ah vous ne faites que le privé, vous? Mais alors qui s'occupe du public?
Evidemment je n'entends pas les réponses!
- Attendez, je regardais le privé, alors voyons le public...
Un petit espoir renait en moi. Pas longtemps!
- Ah non! Vous n'y êtes pas non plus!
Il rappelle quelqu'un, personne, raccroche, se tourne vers moi.
Je renifle un peu, les yeux me piquent.
- On va trouver! Avant que vous partiez, sûr!
- Ce n'est rien, ce n'est pas grave, juste un peu d'hyper-émotivité liée à la maladie...
Le téléphone sonne. Il se tourne vers moi tout fier:
- Je ne les appelle pas souvent , alors ils savent que c'est vraiment que j'ai besoin d'eux quand je cherche à les joindre. Allo? oui? comment? ah bon d'accord. Bon, vous n'y êtes pas, votre dossier n'est pas passé en commission. Mais ce n'est pas grave, on va s'en occuper... Il semblerait que l'expert n'ait pas transmis son rapport au comité médical.
Si on se souvient bien, j'avais envoyé ma première demande de congé longue maladie fin octobre (avant d'être à mi-traitement), deux mois plus tard j'apprenais que mon dossier avait disparu, n'avait pas été reçu dans les bureaux de l'inspection, je faisais un deuxième dossier fin décembre, je recevais la convocation pour voir l'expert neurologue fin janvier, nous sommes bientôt fin mars (mouais!) et je suis toujours en CMO à demi-traitement... Au secours, mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire de mal à l'Education Nationale depuis presque trente ans pour qu'ils m'en veuillent à ce point, hein???
c'est-à-dire le poste adapté, enfin!!
Quelle entrevue! quasiment inénarrable mais je vais quand même essayer de le faire pour vous!
Après être arrivée à l'inspection, avoir gravi la volée de marches, essayé un premier ascenseur dont les portes ne voulaient pas se refermer, avoir atteint enfin le 4ème étage et avoir erré entre quelques bureaux sans indication, je me trouvai enfin dans la belle salle d'attente de Mr l'Inspecteur. Belle vue sur le parking et sièges bleus confortables...
- Mr l'inspecteur va venir vous chercher.
En effet il arrive assez vite, enfin je suppose que c'est ce "vieux mâle en costume cravate qui s'la pète" qui me regarde d'un air dubitatif et interrogatif:
- Oui?
- Ben j'ai RV à 10h30 avec vous.......................... Enfin si c'est vous Mr ....
- Ah ah, oui je suis Mr ...., mais je pensais que je devais voir Mme Trucmuche.
- Bô non, c'est moi!
- Oh vous savez, j'attendais Mme Trucmuche mais je suis entièrement dépendant des gens qui m'entourent et qui préparent mon agenda....
Je le suis, grand bureau sans grâce, calendrier de 2007 au mur, étagères avec de vieux manuels scolaires (quand je dis "vieux", je ne veux pas dire "anciens", attention ce ne sont pas des pièces de musée mais plutôt de ceux qui traînent dans le fond de la salle des maîtres de la plupart des écoles), bureau de deux mètres de large qui me séparent de l'homme:
- Bon, et bien, présentez-vous un peu!
- Euh, ben euh.... (mais quelle genre de présentation veut-il au juste?), j'ai passé le concours de l'EN ici en 1981, depuis je suis instit dans ce département...
Bon il voulait savoir: mes enfants, mon poste, ma famille.... Il s'écoute beaucoup parler.
- Alors?
(Bô, alors quoi?)
- Qu'est-ce qui vous amène ici?
(ôtez-moi d'un doute, ne serait-ce pas lui qui m'a convoquée?)
- Ben voilà, on m'a diagnostiqué une sclérose en plaques depuis un an et je n'arrive plus à faire mon travail correctement.
En gros il veut savoir quels symptômes j'ai et comment ça me gêne dans mon boulot.
Il a l'air de comprendre le problème, il n'est pas foncièrement désagréable mais alors qu'est-ce qu'il s'écoute, il parle, il parle, il fait des grands gestes, des moulinets, et il est vautré dans son fauteuil avec deux boutons de sa belle chemise propre qui ont sauté et laissent sortir un bout de son ventre (beurk!)... Bon j'espère que personne ne me trahira et ne lui donnera l'adresse de mon blog (gloups!).
C'était le premier épisode, la suite demain..... si vous êtes sage ( j'en ai bien encore pour un ou deux épisodes!)
J'ai enfin vu le médecin expert désigné par le comité médical de la DDASS dans le cadre de ma demande de congé longue maladie.
C'est un neurologue du CHU que je n'avais pas encore rencontré (et pourtant j'en ai vu des gens là-bas!).
C'était mercredi de la semaine dernière, j'avais RV à midi comme d'habitude au 8ème étage.
Comme d'habitude, je ne sais pas arriver à l'heure, j'arrive donc un bon quart d'heure à l'avance.
Aucune place assise dans le lieu d'attente en face des ascenseurs, je découvre enfin une vague chaise au coin du comptoir du secrétariat, je la squatte durant.............une bonne heure!
Enfin le professeur arrive mon dossier sous le bras, d'où l'avantage que le médecin expert soit dans le même hôpital que celui où on est suivi!
L'homme est aimable, cordial.
La semaine dernière, mes jambes me faisaient particulièrement souffrir et je le suis avec difficultés, flageolante, dans un dédale de couloirs jusqu'à son grand bureau.
Après m'avoir dit qu'il était chargé d'examiner mon dossier dans le cadre de ma demande de CLM, s'être enquis de l'endroit où j'exerçais, il lit mon dossier pendant un bon moment, silencieux, me demande mes IRM, les examine longuement dans tous les sens, allume sa lampe de bureau, recommence à la lumière et enfin m'adresse la parole:
- Oui, bon il n'y a pas grand-chose.
Il me laisse le temps quand même de m'"expliquer", de raconter un peu mes symptômes et mon parcours, mon traitement et mes difficultés pour enseigner.
Il semble très dubitatif tout en restant fort aimable.
- Je vous vois bien au travail très bientôt.
Je passe dans la petite salle d'examen adjacente pour un bref examen neurologique (suivre son doigt des yeux et coup de marteau aux genoux et aux chevilles)
- Je pense que vos symptômes seraient bien moindres si on ne vous avez pas posé le diagnostic.
Forcément je ne suis pas vraiment d'accord avec lui et essaie de lui expliquer que tous ces symptômes ont largement préexisté avant l'IRM et le diagnostic...
Il m'écoute mais je sens bien qu'il pense que c'est très psychologique!
- Bon, je ne suis pas votre administration, je ne suis pas là pour vous pousser au travail, mais bon...
Le problème est que les docteurs ne connaissent rien à l'enseignement primaire et l'adminstration primaire ne connait rien à la pathologie de la sclérose en plaques.
- Je vais proposer 6 mois.
Je lui explique que les 6 mois sont quasiment finis du fait de la longueur imprévue de "gestion" de mon dossier. Il me laisse lui dire ce que j'avais "envisagé", c'est-à-dire plutôt 9 mois ce qui me ménerait en juin et, à ce moment, je me sentirai peut-être prête à finir une année sur son élan.
J'en profite pour lui parler du bilan neuro-psychologique, qui ne figurait pas dans mon dossier, il le lit avec attention et me le demande pour en faire une photocopie...
(Pour l'année prochaine je suis toujours en attente de mon administration.)
Finalement celà lui semble bien adapté (?), comme quoi je n'ai peut-être pas tout compris à sa psychologie à lui.... puisqu'il me dit même qu'il faudrait plutôt que je reprenne en mi-temps thérapeutique en juin...
Bref, il proposera 6+3 mois de congé longue maladie, mais c'est trop tard pour la commission de janvier, ça passera à celle de fin février, il faut donc que je retourne faire prolonger mon congé ordinaire chez mon généraliste...
Bon l'expert, c'est fait, attendons la suite!
La semaine dernière, l'assistante sociale demandait à me revoir pour la troisième fois.
On devait refaire le point sur mon dossier de demande de poste adapté. Avant Noël, j'avais envoyé un mail avec une proposition puisque ça se passe comme ça. C'est moi qui doit "inventer" mon poste adapté.
Evidemment ça me paraitrait plus simple qu'on me propose une liste de postes définis parmi lesquels je choisirais mais non, "l'enseignant reste au centre de son adaptation"...
Donc j'avais lu (je ne sais plus où), au cours de mes surfs sur le web, le cas d'une instit SEP qui maintenant était en "surnombre" dans une école pour pouvoir prendre des petits groupes d'élèves pour du travail en bibliothèque, sur informatique ou en expériences de sciences.
Qui ne tente rien n'a rien, j'ai donc fait cette proposition:
- continuer à aller dans mon école (éventuellement dans les autres écoles de la même ville....s'ils sont sages!) mais ne plus avoir de classe en responsabilité, m'occuper de la BCD, de l'informatique et plus si affinités...
Celà me parait pour l'instant bien correspondre à ce que je me sens capable de faire et c'est beaucoup moins difficile à gérer par l'administration en cas d'absence non prévue (ce qui risque d'être fréquent maintenant). Moins fatiguant et stressant qu'une classe à soi! Le bilan de la neuropsychologue m'a permis également de bien faire comprendre mes difficultés à prendre en charge une classe complète seule...
Contre toute attente (il faut dire que je n'attends plus grand-chose de grand-monde!) cette proposition parait intéressante à l'assistante sociale. Mais bon ce n'est pas elle qui décide!
Je dois revoir le médecin académique et l'inspecteur d'académie (ou son adjoint?) pour discuter de tout ça...
Après ça passe en commission (pas avant Juin!) et ça reste tributaire du peu de postes budgétaires proposés pour cette adaptation.
Comme par ailleurs j'ai également demandé un congé formation (c'est ma troisième demande, j'ai une petite chance de l'avoir?), je considère que je donne priorité à ce congé formation s'il m'est accordé et que je referai une demande de poste adapté l'année suivante.
De toutes manières j'ai bien cru comprendre que j'avais peu de chance d'obtenir ce genre de poste cette année....
Bref, nuit agitée et mal de tête sans que ce soit un lendemain de pik, flûte de zut...
Journée bien pleine par là-dessus:
RV à 8h chez le généraliste qui a pris le temps de m'écouter et de re-rédiger tous les papiers perdus, de toutes manières il a bien vu que je n'étais pas dans un état très chouette.
Là-dessus direction l'école car, pour chaque nouvel arrêt ou prolongation, il faut joindre au certificat médical un formulaire qui doit être signé de la directrice de l'école, c'est drôlement pratique quand on est seule, malade et qu'on habite loin de son école!
Bon j'avais prévu le coup et ce n'est pas désagréable d'aller discuter un peu avec les encore-collègues.
J'en profite pour photocopier tout le dossier et direction la poste pour faire le pied-de-grue avant d'accéder enfin au guichet, envoi en recommandé avec accusé de réception de mon dossier, je l'ai envoyé nominativement à la personne que j'ai eu au téléphone hier, je ne sais pas si le facteur devra aller jusqu'au bout du couloir dans son bureau.... (je l'espère secrètement!)
Je passe ensuite dans les bureaux de l'inspection départementale locale pour déposer le double de la demande et de l'arrêt, au moisn ici ils sont bien aimables et compatissants, ça fait quand même du bien de ne pas être traité comme des numéros.
Sur ce, je retourne à l'école car aujourd'hui c'était le repas de Noël à la cantine (chouette!), j'avais prévu de partager l'oie et les patates bien grasses avec mes collègues (ça rigole pas, on a même du vin ce jour-là!).
Là je peux discuter un peu avec ma remplaçante, j'avais réussi en prévenant à l'avance de mon arrêt à être sûre d'avoir la même personne dans ma classe pendant toute la durée, et c'est presqu'un exploit. Les parents se plaignent souvent des incohérences dans les remplacements, mais vraiment ce n'est pas de notre fait!
Du coup elle nous raconte l'"histoire" de son premier remplacement de l'année avant moi:
Elle était beaucoup plus proche de chez elle (là elle a plus de 100km aller-retour) et dans une école qu'elle appréciait, elle avait fait la rentrée et passé trois semaines dans une classe à remplacer une autre instit en longue maladie. Du jour au lendemain, elle a dû quitter cette classe.
Vous avez envie de savoir pourquoi, hein?
Eh ben parce que la collègue qu'elle remplaçait est morte! Du coup l'adminsitration a considéré qu'elle n'avait plus à être remplacée par quelqu'un car elle n'existait plus! Fi des enfants, des parents, de la remplaçante, du bien-être des uns et des autres, Madame, vous dégagez. A sa place (car malgré tout il faut bien mettre quelqu'un devant les élèves), ils ont demandé à une instit en congé parental, arrivant d'un autre département pour suivre son mari, de prendre la classe au pied levé sinon elle ne serait pas sûre d'avoir un poste dans le département à l'issue de son congé...
Sympa, hein?
En tous cas, après la cantine, retour at home pour une sieste bien méritée, je suis vraiment à bout à tous les niveaux depuis 15 jours, là j'ai mon glaçon sur le ventre et je regarde d'un oeil "le silence de la mer", mais je vais essayer d'aller dormir...
Cela fait 1 heure que je suis en pleurs, écroulée dans l'entrée le téléphone à la main sans pouvoir m'arrêter. Une dépression liée à la maladie ou des effets secondaires des interférons?me direz-vous...
Même pas, juste des conneries administratives.
Quelqu'un de ma connaissance se repaissait du slogan "le pire est toujours sûr", je crois que là j'ai touché le fond du fond!
Pleine d'enthousiasme (sic), je montais passer les petits coups de fil administratifs que j'avais prévus aujourd'hui pour faire le point de mes demandes avant l'arrivée des fêtes (ma liste pour le Père Noël, en quelque sorte...).
Je décidais de commencer pour l'appel de la MDPH, après avoir essayé pendant une bonne minute de composer le numéro sur la télécommande de la télé, j'arrivais enfin à les appeler avec le téléphone, comme de bien entendu c'était occupé.
Qu'à celà ne tienne, je décidai d'appeler de ce pas l'inspection académique pour prendre des nouvelles de mon congé longue maladie (demande envoyée il y a deux mois).
- Oui bonjour Madame, je viens aux nouvelles pour ma demande de congé maladie.
- D'accord, comment vous appelez-vous?
- La Fourmi, Pat....
- La Fourmi, Pat? Ah non je n'ai rien.
- Comment ça vous n'avez rien? Je vous ai envoyé la demande il y a deux mois.
- Ah non Madame La Fourmi, je n'ai rien reçu.
- Glurps????????????
- Vous êtes bien née le 25 septembre 1976?
- Ah non, ce n'est pas moi. Moi c'est le 17 avril 1962.
- Ah non ça c'est l'autre Madame La Fourmi, mais elle a repris son nom de jeune fille, La Cigale, et de toutes manières son congé est fini, elle a repris le travail, ce n'est donc pas vous!
- Ce n'est pas possible que vous n'ayez rien, j'ai envoyé deux enveloppes à la même adresse le même jour, une pour le congé longue maladie et une pour le poste adapté, celle du poste adapté a bien été reçue.
- Ecoutez, Madame, si je n'ai rien c'est que je n'ai rien reçu!! Ou alors...... ah non là c'est un monsieur La Fourmi, ça ne peut donc pas être vous, hein, hi hi hi! Mais vous avez envoyé à quelle adresse, c'est bien 1 quai D.......?
(Forcément que c'est la bonne adresse, depuis 1981 que je suis instit ça n'a pas changé, je ne vois pas pourquoi je l'aurai envoyé ailleurs.....)
- De toute manière moi si je n'ai pas les documents, je ne peux pas transmettre au comité médical, et puis de toutes manières il faudra que vous ayez RV avec le médecin expert.
- Ben oui je sais tout ça mais pour moi c'était en cours, je ne me suis pas inquiétée puisque aussi bien l'assistante sociale que le médecin académique m'avait dit que ce n'était pas la peine de prendre des nouvelles avant deux mois qu'on m'en donne....
- Ben oui mais je ne peux rien faire sans les papiers.
- Mais puisque je vous dit que je les ai envoyés.
- Oui mais je ne les ai pas reçus.... Je vais vérifier s'ils ne sont pas dans le dossier "postes adaptés" et je vous rappelle.
(Quand je pense que j'avais fait en sorte de faire deux enveloppes distinctes à la même adresse pour ne pas qu'ils mélangent les deux demandes....)
Elle rappelle 1/2 heure plus tard:
- Et non, je n'ai rien. Il faut que vous me renvoyez tout ça.
- Mais vous vous rendez compte, déjà deux mois de perdus et les fêtes arrivent, le temps que mon dossier soit examiné et éventuellement accepté le congé accordé sera fini!! Sans compter qu'un certificat sous le couvert du secret médical se balade on ne sait où....
- Oh vous exagérez, quand même pas...... encore que c'est vrai il faut obtenir le RV avec le médecin expert, ça peut prendre du temps. Bon il y a des pathologies où ça s'accorde sur dossier sans l'avis de l'expert! Les pathologies cancéreuses, par exemple...
- Eh bien non, Madame, ce n'est pas le cas, on ne peut pas avoir toutes les chances quand même!!!
(à son ton, je doute qu'elle ait apprécié mon ironie....)
- Donc je compte sur vous pour m'envoyer ce dossier rapidement, puisque vous voyez votre médecin demain. Et pensez bien à ce qu'il prolonge votre arrêt maladie ordinaire qui se finit en fin de semaine, hein!
- Madame, je ne vais certainement pas vous l'envoyer, je vais venir faire 60 km avec ma maladie pour venir vous le donner en mains propres dans votre bureau!
- Mais ne vous énervez pas, vous pouvez me l'envoyer en recommandé avec accusé de réception.
- Alors soyons clairs, je ne revois pas mon spécialiste, c'est donc mon médecin généraliste qui doit faire et le certificat succint et le certificat détaillé pour le comité médical (le pauvre généraliste qui connait moins bien ma pathologie que moi!), et la lettre manuscrite de ma part, je dois peut-être préciser mon NUMEN (numéro administratif personnalisé dont je ne me souviens jamais) afin de ne pas confondre avec les autres Pat la Fourmi du département.
- Mais non, ce n'est pas la peine, juste votre nom... Et aussi votre adresse..... Et peut-être aussi votre école d'affectation.... Ah, et votre date de naissance...
(Oui et tu veux pas aussi le nom de mon chat et l'endroit de mes premières vacances?)
- Je compte sur vous pour que vous fassiez rapidement!
ET MOI DONC....................................................................................................
La liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie est définie par l'arrêté du 14 mars 1986.
durée:
1 an plein traitement
+ 2 ans demi-traitement
durée maximale:
3 ans pour le même congé (sans distinction de pathologie)
réouverture des droits:
si l'intéressé a repris ses fonctions pendant un an, il retrouve de nouveaux droits à CLM
- on reste titulaire de son poste
- les instituteurs (s'il en reste d'autres que moi...) conservent le bénéfice du logement de fonction ou à défaut de l'indemnité représentative de logement
réintégration
après avis favorable du Comité Médical Départemental
envoi des demandes de CLM à l'Inspection Académique:
dès qu'il est établi que l'arrêt de travail sera prolongé et que la pathologie relève d'un congé de longue maladie, ne pas attendre l'épuisement des 90 jours de congé de maladie ordinaire à plein traitement
première demande:
- demande manuscrite de l'intéressé précisant la date de début du congé et la durée (en règle générale 6 mois)
- certificat médical succint précisant la date du début de congé et la durée
- certificat médical détaillé, sous pli confidentiel destiné au Comité Médical Départemental
dès réception, la demande et les certificats médicaux correspondants sont transmis au Comité Médical Départemental pour avis. Ce dernier adresse un courrier à l'intéressé lui précisant les coordonnées du médecin agréé avec lequel il doit prendre RV.
Dans l'attente de l'avis du Comité Médical départemental, l'intéressé est placé en congé de maladie ordinaire et produit régulièrement des avis de prolongation en CMO.
demande de renouvellement:
- demande de l'intéressé précisant la durée du congé sollicité (3 ou 6 mois)
- certificat du médecin traitant
demande de réintégration
- demande de l'intéressé
- certificat du médecin traitant
les demandes doivent être adressées deux mois avant l'expiration de la période en cours, deux ou trois mois sont nécessaires pour l'instruction des dossiers par le Comité Médical Départemental...
Liste des maladies donnant droit au Congé Longue Maladie (pdf)
En tous cas, ça fait deux mois que j'ai envoyé ma demande et je n'ai toujours rien reçu du tout, ni de l'Inspection ni du Comité Médical (ça commence à m'énerver et je vais passer des coups de fil lundi, parce qu'après il faut encore un délai pour le RV avec l'expert j'imagine...)
"Le sida, toujours tabou dans les entreprises
[ 30/11/07 Les Echos ]
Les entreprises françaises s'engagent parfois dans la lutte contre le sida, mais elles répugnent à évoquer le sort réservé à leurs salariés séropositifs.
Quand approche le 1er décembre, date de la Journée internationale contre le sida, les bonnes intentions fleurissent comme les rubans rouges aux revers des vestons. Les entreprises ne sont pas en reste, multipliant les actions d'information et les programmes de prévention. Mais, en interne, le sort réservé aux salariés porteurs du VIH évolue peu. Les directions comme les salariés concernés se réfugient dans le silence. « Quand je lui ai révélé être atteint par le sida, la réaction de ma directrice des ressources humaines m'a vraiment surpris. Très calmement, elle m'a dit : «Vous avez bien fait de le cacher jusqu'à présent». » [...]... il estime aussi qu'elle aurait refusé de l'intégrer, s'il avait dévoilé sa pathologie lors de l'entretien d'embauche. [...]
« La maladie accroît les inégalités sociales, au détriment des personnes les plus fragiles sur le marché de l'emploi. Mais ceux qui disposent d'un bon capital social poursuivent leur activité », résume France Lert.[...] Depuis plusieurs années, Aides a lancé un programme en direction des entreprises françaises, pour faire reconnaître le sida comme une maladie chronique évolutive. « Des maladies comme le sida, le cancer ou la sclérose en plaques créent le même type de problèmes aux entreprises. Désormais, les DRH savent gérer le handicap stabilisé, mais ils ont plus de mal à anticiper les évolutions des pathologies chroniques : ainsi, la gestion des absences les déroute », analyse Alain Legrand.
« Correspondants santé »
Avec les progrès des traitements médicaux de ces pathologies, la question va prendre de l'importance. Les maladies chroniques touchent déjà 10 % des salariés au cours de leur carrière professionnelle, selon l'Agefiph, l'association rapprochant les entreprises des handicapés. Une des solutions préconisées par Aides consiste à implanter des « correspondants santé » : il s'agirait de responsables des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) « spécialement formés aux questions des maladies chroniques avec la médecine du travail ». Travaillant avec des médecins du travail et des syndicats comme la CFDT, Aides cherche à convaincre les DRH, avec un succès mitigé. « Des grandes entreprises comme Peugeot, Areva ou le Crédit Agricole ont engagé une réflexion », souligne toutefois Alain Legrand.
Beaucoup d'entreprises sont prêtes à se mobiliser contre le sida, parce qu'il s'agit d'une grande cause humanitaire donnant d'elle une image positive. Pourtant, la plupart répugnent à évoquer la simple présence en leur sein de salariés séropositifs. En insérant mieux les malades chroniques, les DRH rendraient aussi leurs entreprises plus crédibles."








